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La webradio : un atout pour débattre.

 

Introduction : les vertus de l’écoute radiophonique en classe

 

L’utilisation de la radio en classe constitue un support pédagogique intéressant, que ce soit dans les cours d’histoire-géographie ou d'EMC. La seule écoute radiophonique offre de multiples possibilités. Par exemple, l’écoute du son « Mal barré » (Mal barré, Marine Vlahovic, 11 min 51, Arte Radio, 2008, http://arteradio.com/son/328410/mal_barre), qui présente le témoignage d’un migrant algérien venu clandestinement en France, peut servir de point de départ au cours de 4e sur les mobilités humaines pour aborder la question des migrations économiques. Les sons (la voix par exemple) permettent d'incarner le sujet. Durant la diffusion de ce documentaire, les élèves, n’ayant pas d’images, sont de plus particulièrement concentrés car ils doivent imaginer le décor décrit par des sons d’ambiance (dans le quartier de Barbès à Paris) ou par le récit du migrant. Grâce aux sons, les élèves se forgent donc des images mentales qui les aideront à comprendre ce témoignage (raisons de la migration, trajets empruntés, conditions de vie dans le pays d’accueil, etc.).

 

Arte radio ou les podcasts de Radio France constituent ainsi des ressources pédagogiques de choix pour les professeurs (on songe par exemple aux émissions « les Pieds sur terre » de Sonia Krolund ou « Sur des Docks » d’Irène Omélianenko, sur France Culture).

 

 

 

La radio pour faire débattre les élèves.

 

Déjà présent dans les programmes d’éducation civique de 4e, l’exercice du débat est fortement encouragé dans les nouveaux programmes d’EMC. Parmi les nombreux atouts de cette démarche, on peut retenir ici :

  • le développement de la raison critique : en apprenant à argumenter, en distinguant opinions et savoirs, en nourrissant sa pensée pour étayer un raisonnement, en mesurant celle-ci à celle d'autrui, en apprenant parfois à penser contre soi-même ;
  • le développement de l’expression orale et écrite :« une bonne émission de radio est avant tout une émission écrite » disait un jour Jean Lebrun lors d’une rencontre au festival de la radio et de l’écoute Longueur d’ondes à Brest. Le débat permet de développer l’écrit (en amont pour découvrir le sujet à travers une étude de documents, rédiger son argumentation...) et l’oral (pendant le débat, au cours duquel les élèves mobilisent leurs arguments, sortent d’une parole par trop souvent parcellaire en classe, mais aussi à la faveur duquel ils apprennent à argumenter).
  • le croisement effectif des 4 dimensions de l’EMC (la sensibilité, le droit et la règle, le jugement et l’engagement). Débattre c’est partir d’abord de sa sensibilité (d’où l’importance en amont d’un débat de toujours demander l’avis des élèves sur la question posée afin notamment de mesurer, à la fin du débat, le chemin parcouru dans la réflexion), c’est s’appuyer sur des connaissances (des textes de lois fondamentaux par exemple), c’est bien sûr faire œuvre de jugement en confrontant ses idées et arguments avec ceux des autres élèves et c’est enfin souvent s’engager en affirmant des principes et des valeurs.

 

L’exercice du débat, si intéressant soit-il, présente néanmoins des contraintes pour le professeur, contraintes que l’expérience et une démarche pluridisciplinaire permettent d’atténuer :

  • L'organisation du débat demande du temps : pour un débat du type « la vengeance est-elle œuvre de justice ? » en cycle 4, il a fallu compter 5 à 6 heures de cours (4 à 5 heures de préparation en amont et une heure pour le débat proprement dit). On perçoit ici un premier intérêt d'une association avec une autre discipline. Pour le débat sur la vengeance, le travail mené en commun avec le collègue de lettres a permis de concentrer la séquence sur une semaine en mobilisant les heures d’HeG et de français. Le débat en EMC peut aussi être l’occasion de tester des EPI : un débat sur la COP21 a ainsi permis de croiser l’HeG, les mathématiques, les SVT et les sciences physiques.
  • La pratique du débat s'apprend et expose à de l'inconfort : les élèves ne savent pas débattre spontanément et le professeur doit créer les conditions favorables à un apprentissage d'une véritable démarche dialectique : en acceptant de modifier la configuration de sa classe, en favorisant le travail collaboratif et les échanges verbaux entre groupes, en prenant le temps d'un apprentissage progressif et en persévérant malgré les possibles déceptions ou débordements...

 

Le débat offre toutefois de réelles opportunités sur lesquelles on ne revient pas ici. ( ► Débat, dialogue, dialectique)

 

On notera simplement que l’intérêt de la captation sonore du débat est multiple :

- pour l’enseignant, l’enregistrement permet d’affiner l’évaluation, difficilement réalisable durant le débat qu’il anime, d’où la nécessité de travailler en collaboration avec un autre professeur (documentaliste ou autre). L'enregistrement du débat permet de mesurer la progression des élèves dans le domaine des pratiques langagières mobilisées, de la qualité des arguments, des attitudes, etc. et permet de construire des repères de progressivité. Il offre également au professeur et à la classe l'opportunité d'une correction dynamique et féconde.

- pour l’élève, elle permet de réécouter la prestation orale, d’en mesurer les qualités et points à améliorer. Il est intéressant d’observer la réaction des élèves lors d’une séance d’écoute : ils prennent conscience de leurs tics verbaux, de leur manière de s’exprimer, de la pertinence des arguments. La radio devient un outil réflexif.

 

 

 

Des exemples de débats menés avec les élèves.

 

Pour découvrir quelques exemples de débats réalisés au collège, voici deux liens vers deux webradios pédagogiques de l’académie :

 

 

La radio en pratique.

 

 

Pour effectuer la captation sonore du débat, plusieurs options existent : on peut la faire à l’aide d’une tablette numérique placée au centre des débatteurs. Il est aussi possible d’utiliser un enregistreur numérique, plus maniable, qui permet à celui qui réalise la prise de son (cela peut être un élève d’ailleurs) de se déplacer au plus près de celui qui parle. Dans la palette des enregistreurs numériques on trouve des modèles d’entrée de gamme et des modèles plus performants utilisés par les professionnels. Il est préférable quelque soit le modèle de toujours effectuer ses prises de sons en format wave pour une qualité de son optimale.

 

Pour la phase de montage, il existe le logiciel libre Audacity téléchargeable gratuitement (http://audacity.fr), facile d’utilisation et pour lequel il existe une multitude de tutoriels sur Internet (http://www.tutoriels-animes.com/tutoriels-audacity.html). A noter que le réseau Canopé, anciennement CRDP (http://www.cndp.fr/crdp-lille/) propose chaque année dans ses locaux des formations à la prise de son et au montage audio avec Audacity (pour l’année scolaire 2015-2016, la formation se déroulera à Canopé Lille les 2 et 23 mars).

 

Enfin concernant la diffusion éventuelle des enregistrements, Arte radio a mis à la disposition du public ses audioblogs depuis 2006. Dans l’Académie de Lille, des collèges comme le collège Lucie Aubrac à Tourcoing (http://audioblog.arteradio.com/blog/3046421/LUCIESPHERE/) ou le collège Boris Vian à Lille (http://audioblog.arteradio.com/blog/3046700/RadioBV/) ou des écoles primaires comme l’école Victor Hugo à Lambersart (http://audioblog.arteradio.com/post/3067725/visite_radio_pacot_lambersart_/) utilisent cette interface très agréable, gratuite et simple d’utilisation qui permet de déposer ses sons en format MP3.