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Finalités des programmes

Finalités

L’enseignement moral et civique articule nettement les principes du cadrage national quant à ses objectifs et d'une subsidiarité assumée quant à sa mise en oeuvre. Afin de profiter pleinement de la liberté pédagogique que les programmes laissent, il importe de s’appuyer sur une compréhension des finalités et du sens de cet enseignement. Vous trouverez sur le site Eduscol ( ) de précieux éléments et ne sont mis en exergue ici que des éléments répondant aux questions se posant le plus fréquemment : pourquoi un enseignement moral et civique ? qu'entend-on par "moral" ?

 

Pourquoi un enseignement moral et civique ?

 

 

L'introduction des programmes publiés au BO n°6 du 25 juin 2015 précise les finalités de l'enseignement moral et civique. Ce dernier poursuit une double ambition :

  • construire une culture morale et civique.
  • viser l’appropriation libre et éclairée par les élèves des valeurs qui fondent la République.

On entendra par "culture" un ensemble de valeurs, de connaissances et de pratiques. L'emploi de ce terme indique que nous ne visons pas la seule connaissance des objets d'enseignement au programme, mais bien un partage réussi des valeurs républicaines et le développement d’une aptitude à raisonner, à vivre en société... Pour reprendre la belle formule de Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire, « la connaissance est insuffisante à édifier une conscience et à construire une volonté ».

La dimension morale est une dimension en soi, et non un "supplément d’âme" à l'enseignement civique. Il est naturel de s'interroger sur le terme "moral" (lien hypertexte) : il s’agit de permettre aux élèves de dépasser les intuitions morales pour développer leur capacité d’apprécier et de discuter les jugements moraux. C'est dire que l'ambition de l'Ecole n'est pas de former seulement des citoyens mais bien des personnes à part entière, autrement dit des individus dotés d’un sens moral.

Parce que l'Ecole respecte la liberté de conscience et les convictions de chacun, les valeurs portées par l'EMC sont celles de la République, inscrites dans les déclarations des droits de l'homme : le respect de la dignité humaine, la liberté, l’égalité, la solidarité, la laïcité, l’esprit de justice et le refus des discriminations. Adossé à des « valeurs universelles » et des principes organisateurs inscrits dans le droit, l'EMC évite ainsi l'écueil du dogmatisme et celui du relativisme (cf. mise au point sur le débat, le dialogue et la dialectique ► ).

Les valeurs sont d'abord le fruit d'une expérience avant d'être celui d'une leçon. L'Ecole n'inculque donc pas les valeurs : elle construit la raison critique et fait éprouver aux élèves la consistance et le bénéfice des valeurs républicaines. Elle rend ces dernières désirables en raison. L'objectif est bien celui d'une "appropriation libre et éclairée".

Au final, il s’agit donc de renouer l’individu et le commun, le moral et le civique, la personne et le citoyen.


 

Que faut-il entendre par "moral" ?

 

Les ressources Eduscol () et la bibliographie (à venir) permettent de clarifier le terme « moral », qui ne doit pas inquiéter excessivement.

Ce n'est en aucune façon une dimension inconnue. De 1882 à 1969, il y a eu un enseignement moral et civique. Il s'agissait cependant d'une « morale du devoir et du dévouement », inculquée sur le principe de la volonté. Dans les années 1960/1970, cet enseignement fut perçu comme un conservatisme au service de l'ordre établi et disparut au profit de disciplines d'éveil. Il reste une méfiance forte en France vis-à-vis de "la morale".

Nul ne saurait cependant croire qu'il est souhaitable de faire l'économie de cette dimension. Cette dernière s'inscrit naturellement dans tout projet de formation de l'élève : il n’y a pas de projet éducatif dénué de dimension morale, assumée ou pas, explicite ou pas, et la seule dimension civique ne suffit pas à définir un projet de formation complète de l'élève.

L'éducation civique et l'ECJS la portaient déjà en elle et l'EMC est aussi l'aboutissement de tendances à l'oeuvre depuis les années 1990. L'article rédigé par Alain Bergounioux en 2007 témoigne d’un souci, déjà présent dans l'éducation civique, de s’adresser à la personne de l’élève autant qu’au futur citoyen.

Très simplement, convenons qu’il existe plusieurs conceptions de la morale en démocratie (►). Il apparaitra évident à chacun que l’enseignement moral républicain se réclame de la raison. La morale dont il s'agit ici est donc une morale civique et laïque :

  • civique car en lien étroit avec les principes et les valeurs de la citoyenneté républicaine et démocratique ;
  • laïque car elle refuse toute transcendance et se place sur un autre plan que les morales convictionnelles. Il s'agit d'une « morale horizontale et trouée » (J. Baubérot).

L'EMC n'est donc en aucune façon un enseignement moralisateur : les professeurs ne sont pas appelés à « faire la morale » mais à « parler de morale ». Il ne leur est pas demandé d'inculquer les principes d'une « vie bonne » et il ne leur est d'ailleurs pas possible de délivrer une conception particulière du bien (► conditions de mise en oeuvre).

L'EMC se caractérise donc par deux aspects : il vise à clarifier les idées, les jugements, les raisonnements moraux sans chercher à imposer une conception morale particulière. Dans le même temps, il assume une part de perfectionnisme moral en portant un idéal civique adossé aux valeurs républicaines.

 

EMC

ACADEMIE DE LILLE